​Kinshasa, MARDI 2 juin 2026 

Dans le cadre des sessions de formation professionnelle organisées par l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC), une conférence majeure s’est tenue ce mardi sous le thème central de la valorisation des résultats de recherche et des innovations. L’intervenant du jour, le Professeur Raoul Kienge-Kienge Intudi, Professeur ordinaire et Directeur de l’École de Criminologie de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a captivé l’auditoire en présentant un modèle disruptif intitulé : « Stratégies de valorisation des innovations des populations vulnérables : l'expérience de l'École de criminologie et du centre de criminologie et de pathologie sociale de l'Université de Kinshasa ». 

​Devant un public de professionnels, de chercheurs et d'acteurs de l'écosystème de l'innovation, dont 45 en présentiel et 222 en ligne, le Professeur Kienge-Kienge a vigoureusement défendu un changement de paradigme radical vis-à-vis des populations marginalisées, et particulièrement des jeunes autrefois qualifiés de « Kuluna ».

​L'approche AHPER : Passer de la stigmatisation à l'émancipation économique 

​Au cœur de cette masterclass académique et pratique se trouve l’approche AHPER (Accompagnement Holistique de Proximité pour l’Émancipation des Jeunes par la Réinsertion Socioprofessionnelle), développée par le Centre de Criminologie et de Pathologie Sociale (CCPS) de l’UNIKIN.

​Pour le Professeur Kienge-Kienge, la valorisation des compétences commence par une « reconnaissance de l'innovation de survie ». Plutôt que de condamner unilatéralement les activités déviantes nées de la précarité, le chercheur invite à suspendre le jugement pour comprendre les aptitudes techniques informelles de ces jeunes et les réorienter vers des circuits économiques licites.

​« L'expérience démontre que l'université peut et doit servir de "réservoir de solutions" aux problèmes de la cité par la recherche scientifique » , a martelé l'intervenant.

Des résultats tangibles sur le terrain kinois 

​Loin des théories abstraites, l'exposé s'est appuyé sur des données concrètes et des réussites locales observées dans les communes de Limete-Mombele, Kimbanseke ou encore Ndjili. L’approche AHPER a d’ores et déjà permis la réinsertion socioprofessionnelle réussie de près de 40 jeunes initialement impliqués dans la violence urbaine.

​Aujourd’hui transformés en ajusteurs, soudeurs, tailleurs ou menuisiers, ces jeunes produisent des innovations concrètes (lits manufacturés, portails métalliques) et se réintègrent durablement dans le tissu social, rétablissant leurs liens familiaux et reprenant, pour certains, le cursus scolaire. Des témoignages poignants issus des quartiers ont mis en lumière l'impact humain profond de cette démarche, transformant d'anciens acteurs de l'insécurité en pères de famille respectés et en artisans actifs (misala ya maboko).

Vers une institutionnalisation et une généralisation du modèle 

​Face au succès de cette recherche-action, le Professeur Raoul Kienge-Kienge a tracé les perspectives d'avenir pour l'Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) et le secteur de l'Innovation en RDC. L'objectif à moyen terme est de convertir l'approche AHPER en une véritable politique publique nationale de gestion de la vulnérabilité urbaine.

Trois axes majeurs de généralisation ont été partagés :

  1. La diffusion des bonnes pratiques : Notamment à travers l'ouvrage collectif « Puzzle de sorites de violence urbaine à Kinshasa » (publié aux éditions L'Harmattan) et le guide de bonnes pratiques AHPER.
  2. Le financement de la recherche appliquée : Pour pérenniser les dispositifs pilotes directement sur le terrain.
  3. Le partenariat public-privé-académique : En créant des synergies entre les ministères sectoriels (Intérieur, Affaires Sociales), les universités et des institutions comme l’INPP pour certifier les compétences de ces nouveaux artisans.

​Par cette intervention magistrale, le Professeur Raoul Kienge-Kienge a démontré avec brio que la science criminologique congolaise ne se contente plus de diagnostiquer les maux de la société : elle produit désormais des outils d’ingénierie sociale capables de restaurer la dignité humaine et de stimuler l'économie locale. Une grande contribution qui marque une décisive étape dans l'agenda de la formation professionnelle de l'IGSC.

​À ne pas manquer : Le rendez-vous de ce jeudi 04 juin pour la suite du cycle de formation ! 

​L'Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC) invite chaleureusement les cadres, chercheurs et professionnels à poursuivre cette dynamique d'apprentissage d'excellence. La prochaine grande session se tiendra ce jeudi 4 juin 2026 à l’ISP-Gombe et en ligne.

​Nous aurons le privilège d'accueillir le Professeur Raphael Tshimanga Muamba (Directeur Général du CREEBaC et de l'ERE – Centre de Recherches en Ressources en Eau du Bassin du Congo et de l'École Régionale de l'Eau, & Conseiller de la République). Il développera un thème hautement stratégique pour le développement durable de notre pays : « Valorisation des Innovations en éco-hydrologie ». Venez nombreux enrichir vos compétences et participer activement aux débats qui façonnent l'avenir de l'innovation congolaise !

Rédaction de l'IGSC

Juin 2026